Frelon asiatique, scarabée japonais, moustique tigre… Trois insectes qui font parler d’eux, rarement en bien. Et pour une fois, avec raison !
ll n’y aurait pas moins de 10 quintillions (1018) d’insectes vivant sur notre planète, ce qui représente environ 80% des espèces animales sur cette basse terre. On vous épargne le calcul: cela représente 200 millions d’insectes pour chaque être humain, avec une diversification de 1,3 million d’espèces connues et décrites! Et pourtant, cette abondance est en danger, puisque, rien qu’en Suisse, on estime que près de la moitié des 30’000 espèces répertoriées chez nous sont menacées ou potentiellement menacées.
Faut-il pour autant crier au scandale lorsqu’on parle d’insectes nuisibles? Non pour trois cas que nous traiterons ci-dessous, surtout parce que, très souvent, ils sont arrivés en Suisse par erreur et mettent en danger leurs consœurs et confrères installés de longue date.
Le frelon asiatique
Exemple typique et récent: le frelon asiatique, qui, après avoir sévi à Genève, semble désormais avoir choisi Lausanne comme capitale suisse. Deux à trois fois plus gros qu’une abeille, il est aussi devenu son principal ennemi, puisqu’il va en avaler de grosses quantités durant sa courte vie (quelques semaines).
Du coup, haro sur eux, notamment sur les reines, n’hésite pas à déclarer l’entomologiste Daniel Cherix (24 heures, 2 mai 2026), pourtant défenseur tous azimuts du monde animal. Avec un argument choc pour vous déculpabiliser: chaque colonie qui se développe (entre 8’000 et 10’000 frelons) va dévorer entre 10 et 15 kg d’abeilles dans les mois à venir!
Les plus grands sont d’ailleurs non pas les plus dangereux, mais des cibles de choix, car au printemps, ce sont surtout de jeunes reines qui cherchent où s’installer. En les tuant, vous éviterez le développement d’une colonie. Comment faire? Deux méthodes préconisées dans le même journal par le même scientifique: la simple et bête tapette à mouche ou, plus compliqué, emprisonner l’insecte dans un carton ou un bocal quand il vole contre la vitre à la recherche d’une sortie, et place ensuite le récipient dans un congélateur. Faites attention cependant: les reines sont peu dangereuses, mais dès que l’été aura pointé son nez, les ouvrières sont plus agressives et leur venin peut causer des piqûres douloureuses. Enfin, n’oubliez surtout pas d’envoyer une photo du cadavre à frelonasiatique.ch, ce qui permettra aux scientifiques de repérer les zones de développement.
Attention enfin! Il ne faut pas confondre le frelon asiatique avec son confrère européen, protégé lui- Il est pourtant aussi friand d’abeilles, mais de façon nettement plus raisonnable et s’attaque à d’autres nuisibles. Pour les différencier, rendez-vous ici.
Le scarabée japonais
Non, ce n’est pas une cabale contre le continent asiatique! Mais le scarabée qui inquiète également le canton de Vaud est bel et bien japonais, d’où le récent rappel que toute suspicion de présence doit être obligatoirement annoncée à l’Inspectorat phytosanitaire. Car la bestiole,qui colonise gentiment la Suisse depuis 2017 est pour le moins vorace, s’attaquant à près de 400 espèces de plantes cultivées, sauvages et ornementales: vigne, arbres fruitiers, maïs, soja, baies, rosiers, érables, etc.
Pas facile de le repérer (il n’est pas plus gros qu’une pièce de 5 centimes), si ce n’est par sa partie supérieure verte métallique et 5 minuscules touffes de poils blancs sur chaque côté de sa partie inférieure cuivrée. Une fois signalé, le canton va définir la surface du foyer d’infestation et celle d’une zone tampon de protection. Il y sera, notamment, interdit d’arroser pelouses, gazon et terrains de sport entre le 1er juin et le 30 septembre, ou de déplacer hors zones de la terre et des pots en plante supérieurs à 30 cm.
Toutes informations utiles ici.
Le moustique tigre
En voilà encore qui, depuis 2020, s’installe progressivement en Suisse. Mignon comme tout avec son corps tigré en noir et blanc, il n’est pas bien grand mais peut transporter avec lui des maladies virales comme la dengue, le Zika ou le chikungunya. Fort heureusement, en Suisse, pour l’instant du moins, il se contente de piquer de manière agressive et répétée, sans les transmettre à ses victimes.
C’est suffisant toutefois pour que la lutte s’organise, canton en tête. Chez nous, le moustique tigre aime particulièrement les bords du Léman: Nyon, Rolle, Lausanne, Vevey, Montreux… Pour éviter qu’il étende ou amplifie ses zones de développement, les autorités comptent, une fois encore, sur la vigilance du public, puisque 80 % des gîtes ou des lieux de ponte se trouvent dans des espaces privés: jardin, terrasses, balcons… Attention de ne pas y laisser de l’eau stagnante dans des petits récipients souvent anodins : coupelles, pots vides, arrosoirs, pieds de parasol… Plus d’informations ici. Surtout, comme pour le scarabée japonais, si vous en voyez un, prévenez immédiatement les autorités. Et si, par chance, vous avez réussi à le tuer, joignez une photo au signalement. Toutes infos utiles ici.
Par ailleurs, nous avons déjà traité ce sujet en avril 2024 sous le titre «La chasse aux moustiques» (scroller ver le bas).