Entre envie et besoin

Il est temps d’aller faire les courses. Muni de mon « billet à commissions »je me rends dans un grand centre commercial ; il me faut d’abord 2 yoghourts : que choisir parmi cette multitude de yoghourts qui promettent des textures et des saveurs variées et différentes ? Même embarras du choix pour le beurre, le chocolat ou les produits carnés.

On retrouve cet embarras du choix dans tous les domaines de notre quotidien : les habits, l’ameublement, les voitures, etc.

Socrate disait il y a plus de 2000 ans : «  quand je traverse la place du marché je vois tant de choses dont je n’ai pas besoin »

Le grand philosophe posait déjà la bonne question : savoir différencier l’envie du besoin. On a besoin  de manger, mais pas besoin d’une multitude de yoghourts pour reprendre l’exemple précité.

Mais alors pourquoi cette abondance de produits dans nos magasins ?

-nous vivons dans un pays riche qui incite les producteurs à produire toujours plus et les consommateurs à consommer toujours plus.

– les rayons des magasins doivent toujours être remplis, même en fin de journée, afin de convaincre les consommateurs qu’ils ne doivent pas rater des promotions ou qu’ils ont peut-être oublié quelque chose.

-la publicité de plus en plus présente sur les chaines de la télévision et dans la presse suscite des envies plutôt que des besoins.

Les conséquences.

  • Les consommateurs ont tendance à acheter plus que nécessaire, ce qui pousse au gaspillage au niveau des ménages.
  • Le gaspillage commence déjà chez les producteurs à qui l’on demande des produits calibrés : des pommes non tachées, pas trop grosses ni trop petites, idem pour les autres fruits et légumes.
  • Dans le meilleur des cas ces anomaux sont offerts au bétail, ou alors compostés.
  • Le gaspillage se poursuit au niveau des magasins : les invendus sont répartis, dans la mesure du possible, entre différentes associations, mais beaucoup doivent être éliminés comme déchets. les dates limites de péremption, parfois discutables, en sont aussi responsables.

Des études montrent que la moitié environ des denrées produites est vouée à l’élimination.

Que faire ?

Se rappeler Socrate ! Restreindre les envie et se limiter à ses besoins :

  • acheter des produits de saison dans un circuit court. Les transports sur de longues distances sont source de pollution.
  • Acheter les quantités nécessaires à nos besoins pour éviter de jeter des restes et éviter les excès néfastes à notre santé : obésité, diabète, maladies cardiovasculaires notamment.
  • Limiter le plus possible les emballages tirés en majorité de produits plastiques qui constituent à l’heure actuelle une source majeurs de pollution sur le plan mondial. L’argument de l’hygiène et d’une meilleure conservation est discutable. Je me souviens du bidon à lait que l’on faisait tourner sur le chemin du retour, sans le renverser.. et du papier journal pour l’emballage de produits divers.
  • En Suisse l’auto approvisionnement est estimé à 50%, sans l’élimination de la moitié des denrées alimentaires produites et gaspillées, on pourrait théoriquement augmenter le taux d’auto approvisionnement à 100%. Pour rappel, nos anciens mangeaient des tripes, de la tétine, du poumon et ne jetaient que peu de denrées alimentaires.

Courage et motivation, chers amis consommateurs ! Il ne suffit pas d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer (Guillaumed’Orange)  

Rédigé par Patrice Francfort, notre invité du BLOG.

Docteur en médecine vétérinaire à la retraite, après des années de pratique en campagne et divers mandats officiels en rapport avec la protection des animaux, Patrice Francfort s’est toujours intéressé au comportement des animaux,  des chiens en particulier. Il a écrit plusieurs articles dans le journal de sa région, concernant notamment l’impact de notre mode vie sur  l’avenir de notre planète.


Rédigé par INVITE du BLOG

    Toutes les publications