LILI ET MOI

Je suis l’heureuse maîtresse d’une petite chatte prénommée Lili — enfin… « Maîtresse », c’est vite dit : disons plutôt que Lili est ma maîtresse, et moi son humble employée de maison.

Ce petit phénomène est arrivé chez moi à quatre semaines à peine. Un chaton, oui — mais déjà avec une solide ambition de dictature domestique.

Elle a méthodiquement cassé tout ce qui pouvait l’être. Bon, je n’aime pas les bibelots, elle m’a donc gentiment aidée à faire du tri. En revanche, les vases remplis d’eau et de fleurs… apparemment, c’était un défi personnel.

Chaque soir en rentrant, je découvrais une œuvre contemporaine : un rouleau de papier toilette intégralement déroulé, subtilement installé à travers l’appartement. Une artiste, je vous dis.

Mais rendons-lui justice : elle a immédiatement trouvé sa litière. Un génie, mais avec des priorités.

Je lui ai offert un magnifique panier, un lit moelleux digne d’une princesse… qu’elle a superbement ignoré, préférant dormir dans un carton. Le luxe, c’est surfait.

Elle dort toute la journée, ponctuant ses siestes de petites expéditions vers sa gamelle. Mais à 18h pile — une précision suisse — Mademoiselle Lili décrète que c’est l’heure de jouer. Évidemment, c’est aussi précisément le moment où je m’effondre sur mon canapé après une longue journée.

Et si j’ai le malheur de ne pas obtempérer ? Elle m’attrape la cheville entre ses pattes et me mord avec une conviction impressionnante. Une méthode de management… directe.

Car en réalité, sa façon de jouer est très claire : ce n’est pas elle qui joue, c’est moi. Je prends une balle, elle se couche… et je dois la lancer parfaitement entre ses pattes. Oui, parfaitement. Sinon, on recommence.

Bref, je vis chez Lili. Et j’ai l’immense privilège de payer le loyer.

Mais malgré tout cela, je l’aime profondément. Elle est ma petite présence au quotidien, toujours là pour me tenir compagnie. Parfois, quand je lui parle, j’ai même l’impression qu’elle me répond — à sa manière, bien sûr, mais avec une sincérité qui me fait sourire.

Quand elle dort, elle ronfle doucement, et ce petit bruit me fait toujours rire avec tendresse. Et puis, il y a ces moments sur le balcon, où elle me “montre” les oiseaux, comme si elle voulait partager ses découvertes avec moi… une façon bien à elle de me dire que nous sommes ensemble, tout simplement.


Rédigé par Chantal Hauri

Maintenant «jeune retraitée » je dispose de beaucoup de temps libre. J’en profite pour créer de nouveaux contacts, voyager très loin ou très près et bien sûr vous écrire des petits mots… A part çà j’adore le chocolat, la montagne en été et l’orage sur le lac.

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