Bien vieillir, le plus en santé possible, serait possible selon les spécialistes et relèverait en partie de nos comportements.
Le vieillissement de la population devient préoccupant pour le système socio-sanitaire et les connaissances en matière de prévention des risques se sont beaucoup améliorées ces vingt dernières années.
Les informations, recommandations, conseils, voire injonctions… sont pléthoriques et c’est aussi devenu un business juteux !
Il faut bien reconnaître que “prendre soin” au sens large du terme, demande du temps, de l’énergie et des moyens…. En résumé, il est fortement recommandé de :
- bouger
- manger sainement
- dormir suffisamment
- veiller à son hygiène
- rester en lien, éviter de s’isoler
- entretenir nos facultés cognitives (mémoire, équilibre, curiosité, etc)
- maintenir notre ouverture intellectuelle et spirituelle
- soigner notre apparence physique et vestimentaire
- se soumettre à des contrôles médicaux réguliers et suivre les prescriptions
Pour appliquer cette “petite” liste, non exhaustive, les propositions sont alléchantes et vastes, on peut s’y perdre facilement. Lectures, clubs, associations, potions et baumes magiques, thérapeutes de tout acabit, médicaments, garde robes sur mesure (on dit capsule en langage moderne), coaches, exercices physiques adaptés, etc, etc
Loin de moi l’idée du grand “laisser aller”, bien au contraire, l’envie de maintenir le plus longtemps possible mes capacités physiques et psychiques est très importante pour moi. Cependant, quelques aspects m’interrogent.
Savoir raison garder
Tout d’abord, nous ne sommes pas tous égaux devant l’âge et la maladie, il y a aussi ce qu’on appelle communément, les cadeaux du berceau, soit une partie héréditaire ! La résistance physique, les capacités intellectuelles et le contexte social ne nous sont pas attribués équitablement.
Ensuite, la vie n’est pas un long fleuve tranquille, certains sont éprouvés plus durement que d’autres, nos trajectoires et histoires personnelles sont différentes. Attribuer le “bien vieillir” principalement à notre responsabilité personnelle peut devenir culpabilisant.
Enfin, le côté mercantile ne doit pas être sous-estimé, ni le risque de se centrer trop sur son nombril à force de pressions extérieures,ressenties de manière plus ou moins consciente.
En résumé, comment maintenir son libre arbitre face aux pressions massives à ce sujet ?
Vieillir “jeune”, n’est-ce pas aussi un mythe, comme la fontaine de jouvence des légendes ?
Au sujet des coûts :
Le panier de la ménagère peut devenir très cher selon les produits choisis. Les produits bio, par exemple, sont plus onéreux, les produits frais aussi comparés aux plats industriels, surgelés ou en conserve.
Certains seniors ont moins envie de cuisiner, mangent moins également ce qui peut coûter en déchets alimentaires.
Rejoindre des clubs ou associations peut être très intéressant financièrement, pour autant qu’on puisse se déplacer sans trop de difficulté ou pas trop loin, certes, des solutions de transport peu onéreux existent, mais les solliciter n’est pas un réflexe pour nombre d’entre nous.
Soigner son apparence est un sacré challenge car nos corps changent. Par exemple, se chausser peut devenir compliqué, les chaussures adaptées sont onéreuses et ne sont pas accessibles partout. En plus, il faut bien reconnaître qu’elles sont souvent moches ! Idem pour certains vêtements.
Renouveler dans nos penderies les pièces qui ne nous vont plus ou qui sont trop usées….. représente une charge importante pour certains budgets.
Les adaptations dans les logements, fondamentales pour pouvoir vieillir chez soi, sont parfois très difficiles, voire impossibles à obtenir de la part des propriétaires et/ ou des gérances, même à nos frais. Pourtant, l’installation d’une douche à l’italienne facilite le quotidien des plus âgés en leur permettant une autonomie qu’ils n’ont plus avec les installations à “obstacles” comme les baignoires ou les douches surélevées !
Se séparer de ses tapis, opter pour des meubles surélevés, lits, fauteuils, etc est non seulement coûteux, mais en plus implique de renoncer à des objets qu’on aime et qui nous sont familiers.
Heureusement, le canton de Vaud peut nous faciliter ces aménagements à travers de nouvelles mesures (ALO, aide à l’adaptation des logements, qui viennent d’entrer en vigueur le 1er juillet) !
Je renonce à dresser la liste des gourous, crèmes et portions magiques et autres compléments alimentaires qui promettent de nous ramener nos tendres années ! Vous l’aurez compris, tout cela coûte un bras et les résultats, au mieux, ne sont pas nocifs.

Prendre les choses du bon côté
Vieillir, c’est une chance, aussi !
Il y a un siècle encore, à cinquante ans, pour celles et ceux qui les atteignaient, on était vieux. Aujourd’hui, c’est la force de l’âge, presque le milieu de la vie.
Les années marquent nos expériences dans notre être, heureuses ou tristes, bonnes et mauvaises.
Elles font de nous ce que nous sommes et nous sommes des mortels. Tous, sans exception et à tout âge.
Cette étape universelle est mystérieuse. Chacun-e l’appréhende selon ses convictions, sa culture, sa situation.
Prendre soin de soi, c’est aussi accepter d’y penser en profitant au mieux du moment présent.