Quand riz rime avec Vully

C’est à une visite passionnante à laquelle j’ai participé ce jour (2.7.2026) co-organisée par Jacqueline et Cathy membres du COSY (Conseil des Seniors d’Yverdon-les-Bains). Entendre Léandre Guillod, ingénieur agronome, parler de l’exploitation qu’il dirige avec son frère Maxime et leurs familles et nous raconter la genèse de la culture du riz sur leur domaine, pendant plus d’une heure, fut un réel plaisir tant le narrateur était passionné.

Voici quelques éléments puisés dans les nombreuses notes que j’ai prises :

Plusieurs circonstances ont rendu le projet des frères Guillod possible : 

– le séjour en Australie de Maxime pendant une année durant lequel il a découvert une technique pour niveler des champs.

– la recherche par Agroscope de zones humides nécessaires pour préserver la biodiversité.

– et bien entendu l’esprit d’entreprise de la famille Guillod.

Le premier essai a eu lieu en 2018 suivi par une première récolte de plus de 800 kg en 2019 qui a été écoulée en quelques jours suite à un reportage télévisé.

Le plant de riz doit emmagasiner assez de chaleur pour fleurir. L’eau accumule la chaleur du soleil et la rend la nuit. L’eau doit être stagnante d’où l’importance d’avoir des champs parfaitement plats et entourés de digues.

Le riz est une plante autofécondante. Les fleurs du riz ne s’ouvrent qu’un seul jour pendant lequel elles peuvent être pollinisées. La météo des jours de floraison est un paramètre important de la réussite de la récolte à venir.

Les frères Guillod n’utilisent aucun pesticide dans leurs rizières, ce qui a des effets très positifs sur la faune des milieux humides (libellules et batraciens par exemple). D’ailleurs Léandre Guillod a commencé la visite en déclarant : «Ici, il n’y a pas de moustiques, car nous avons énormément de libellules». L’ennemi juré du riz est le millet dont la plante ressemble à celle du riz, mais heureusement l’inondation des cultures empêche fortement le millet de pousser.

Les deux familles Guillod cultivent actuellement 6 hectares de riz dans le Vully et une surface équivalente à Kappelen près d’Aarberg. La production du Vully est commercialisée sous le nom «Riz du Vully» alors que la production de Kappelen est commercialisée sous le nom de «Aare Riis ».

Les frères Guillod parcourent le monde en s’intéressant à toutes les techniques de culture du riz pour améliorer leur production et ont même fait venir des machines du Japon pour accélérer le repiquage des plants et la récolte.

Je pourrais encore écrire plusieurs pages avec les notes que j’ai prises, mais il sera beaucoup plus passionnant de visiter l’exploitation et d’écouter le narratif des exploitants. Le domaine organise volontiers des visites de groupe et M. Guillod m’a dit qu’ils réfléchissaient à proposer deux dates par année (aux moments intéressants de la culture du riz) auxqelles les gens pourraient s’inscrire individuellement.

La récolte de 2025 a été assez faible. Tout est vendu. Il faudra attendre le mois de novembre 2026 pour la prochaine récolte. Comme le répétait souvent l’un de mes anciens collègues : «Plus on est de fous, moins il y a de riz»

La visite s’est terminée par un excellent apéritif (excellent chasselas du domaine Derron, très fruité : «La bataille de Morat») accompagné d’un gâteau du Vully salé, lui aussi excellent.

Sur le chemin du retour, accueil chaleureux au restaurant La-Nacelle près du camping de Portalban.Un autre petit coin de paradis.

Liens utiles :

Le site du riz du Vully : https://www.rizduvully.ch

Le site du riz Aare Riis : https://www.aareriis.ch

Le domaine a été cité dans de nombreux médias. A voir, écouter ou visionner via le lien :

https://www.rizduvully.ch/portrait

Rédigé par Eric Oulevay

Retraité depuis le 31 juillet 2022, à l’âge de 63 ans (doyen au Gymnase d’Yverdon, à ce moment-là), mes intérêts sont multiples avec l’accent sur l’histoire, les mathématiques (mon domaine de formation), l’informatique, la cuisine, les vins, les voyages, les langues étrangères et les jeux de sociétés pour les principaux. J’aime aussi explorer de nouveaux domaines et j’ai donc sauté sur l’annonce de recherche d’un blogueur par Info Seniors Vaud.
Je sais que j’éprouverai beaucoup de plaisir à rédiger mes textes et j’espère vous en procurer…un peu!